Vendredi 8 mai 2009

Rapport n° 18 sur les violations israéliennes des droits humains

jeudi 7 mai 2009 - 20h:30

PCHR - du 29 avril au 6 mai 2009


Les forces d’occupation israéliennes continuent leurs agressions systématiques contre les civils palestiniens et leurs biens dans les territoires occupés. Le siège est maintenu sur la bande de Gaza.

Au cours de la période du 29 avril au 6 mai :

  • 2 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza dans l’effondrement d’un tunnel bombardé par les FOI ;
  • les FOI ont tué un Palestinien, malade mental, à l’entrée de la mosquée Ibrahim à Hébron ;
  • 13 civils palestiniens, dont 4 mineurs et une femme, ont été blessés par les tirs de l’occupant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ;
  • les FOI ont mené 30 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie et une dans la bande de Gaza ;
  • elles ont arrêté 25 civils palestiniens en Cisjordanie et 4 dans la bande de Gaza ;
  • elles ont maintenu le siège sur les territoires occupés et isolé la bande de Gaza du monde extérieur ;
  • les troupes d’occupation postées sur les check-points en Cisjordanie ont arrêté 4 civils palestiniens, dont un mineur ;
  • elles ont continué à imposer des mesures visant à établir une majorité juive à Jérusalem-Est ;
  • elles ont ordonné la démolition d’un certain nombre de maisons palestiniennes ;
  • la colonisation s’est poursuivie en Cisjordanie ainsi que les attaques de colons israéliens contre les civils et leurs biens ;
  • des colons israéliens ont agressé des agriculteurs palestiniens dans le nord de la Cisjordanie.
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Des internationaux manifestent contre la colonisation illégale à Hébron.

 

Violations du droit international et humanitaire dans les territoires occupés durant la période du 29 avril au 6 mai 2009

De sévères restrictions aux déplacements continuent d’être imposées aux Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.

Des milliers de Palestiniens ne peuvent toujours accéder à Jérusalem ou s’y déplacer à cause des barrages dans et autour de la ville. Les restrictions sont renforcées le vendredi, jour de prière, pour ceux qui veulent se rendre à la mosquée Al-Aqsa.

Il y a environ 630 barrages permanents en Cisjordanie, tenus ou non par l’armée. En plus, 60 à 80 barrages « volants » ou temporaires y sont montés en tout lieu, à tout moment, chaque semaine.

Terminé, le mur d’annexion s’étirerait sur 724 kilomètres autour de la Cisjordanie, isolant encore plus la population. 350 km sont déjà construits, 99% l’étant à l’intérieur du territoire palestinien, confisquant une grande surface des terres palestiniennes.

Au moins 65% des grandes routes qui relient les 18 communautés palestiniennes de Cisjordanie sont fermés ou totalement contrôlés par les FOI (soit 47 des 72 routes).

Il y a environ 500 km de routes où les droits des Palestiniens sont restreints, leur accès réservé aux véhicules ayant des plaques d’immatriculation israéliennes. De plus, environ un tiers de la Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée, est rendu inaccessible aux Palestiniens qui ne possèdent pas une autorisation spéciale, remise par les autorités d’occupation, et très difficile à obtenir.


1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza

Mercredi 29 avril

Incursions dans la région de Bethléhem : village d’Artas, où l’armée patrouille dans les rues, arrête et contrôle les civils palestiniens, pas d’arrestation.

Jeudi 30 avril

Région de Bethléhem : village de Taqqou’, fouille d’une maison, l’armée emmène le chef de famille pour interrogatoire.

Région d’Hébron : village de Dura, avec fouilles de maisons (arrestation d’un mineur).

Vendredi 1er mai

Hébron : village de Sa’ir, raid dans le village et fouilles de maisons (2 arrestations). Village de Yatta, fouille d’une maison.

Jénine : village d’al-Zababda (3 Palestiniens arrêtés).

Samedi 2 mai

Naplouse : incursion dans la cité et dans le camp de réfugiés voisin de Balata.

Dimanche 3 mai

Bethléhem : incursion dans la ville de Beit Sahour (1 arrestation). Village de Battir (1 arrestation).

Lundi 4 mai

Hébron : village de Yatta (1 arrestation). Quartier d’al-Hawouz à Hébron (1 arrestation). Villages de Beit Kahel (1 arrestation), Beit Oula (1 arrestation), Dura.

Mardi 5 mai

Bethléhem : villages d’Housan (2 arrestations), de Jourat al-Sham’a (1 arrestation). Naplouse : dans le camp de réfugiés d’‘Ein Beit al-Maa’.

Tulkarem : incursion dans la cité et dans le camp de réfugiés, 4 Palestiniens sont emmenés pour interrogatoire.

Hébron : village de Taffouh.

Jénine : village de Deir Abu Da’if, fouille d’une maison dans le but d’arrêter le propriétaire qui était absent.

Mercredi 6 mai

Bethléhem : quartier de Wadi Shaheen dans le centre ville (1 arrestation). Villages de Taqqou (1 arrestation), d’al-‘Ebayat (1 arrestation).

Jénine : village de Qabatya (2 arrestations).

Qalqilya : village d’al-Fundoq (1 arrestation).

Hébron : village d’al-Sammou (1 arrestation). Villages de Beit Ummar (1 arrestation), Safa (1 arrestation).

Dans la soirée, des FOI ont abattu un civil palestinien à l’entrée de la mosquée Ibrahimi à Hébron. Elles prétendent qu’il essayait de saisir le fusil d’un soldat israélien et le soldat a tiré sur lui. D’après la famille de la victime, il souffrait de troubles mentaux.

Résultats de l’enquête diligentée par le PCHR : vers 21h, Hamman Mohammed Nasser al-Din, 22 ans, se rendait à la mosquée Ibrahim dans la vieille ville d’Hébron. Alors qu’il essayait d’entrer dans la mosquée, les troupes d’occupation postées dans le secteur ont remarqué qu’il portait quelque chose. Une discussion est intervenue entre Nasser al-Din et un soldat qui s’est envenimée alors un autre soldat a fait feu sur lui. Nasser al-Din a été tué sur le coup et l’autre soldat fut légèrement blessé par ricochet. Peu après, les FOI ont déclaré le secteur, zone militaire fermée.

Naplouse : camp de réfugiés d’‘Askar.

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Check-point "volant", en tout lieu, à tout moment en Cisjordanie.


2 - Siège des territoires palestiniens et restrictions graves aux déplacements des Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée

Cisjordanie

Un siège très serré a été imposé sur la Cisjordanie.

Jérusalem : les restrictions ont été maintenues dans la cité. Des milliers de civils palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza n’ont toujours pas accès à la ville. De nombreux check-points sont installés autour et dans la ville. Les restrictions sont renforcées le vendredi jour de prière pour empêcher les Palestiniens d’arriver à la mosquée al-Aqsa. Ceux qui tentent de contourner les barrages se font violemment roués de coups.

Naplouse : mêmes restrictions dans la région de Naplouse. Même si l’armée a démantelé le check-point de Beit Eiba, elle a monté une porte de fer sur la route entre Naplouse et Tulkarem, bloquant et fouillant fréquemment les véhicules palestiniens spécialement aux heures de grande circulation. De la même manière, l’armée, à Huwara, a procédé à des contrôles prolongés et compliqués sur les Palestiniens. De plus, elle a posé des check-points sur les routes qui conduisent à la ville. Dimanche matin, 3 mai, un check-point a été monté au carrefour de Jeet, sur la route Naplouse/Qalqilya, un autre sur la route qui mène à la colonie Yits’har et un troisième au carrefour de Beita. Mercredi, le check-point a été réinstallé à Jeet. Le même jour, les troupes positionnées au check-point de Za’atara, ont procédé à des contrôles prolongés, ce qui signifie, pour les Palestiniens, des heures et des heures de plus à attendre. Le mardi 5 mai, sur le check-point de Za’tara, l’armée a arrêté un civil palestinien dont l’identité n’est pas connue.

Jénine : mêmes restrictions sur le secteur de Jénine. Mercredi 29 avril, les FOI ont empêché les agriculteurs palestiniens du village de Ya’bad d’accéder à la route Jénine-Tulkarem. Dans ce but, elles avaient renforcé leur présence sur la route invoquant la nécessité de sécuriser la célébration par les colons israéliens de la création d’Israël.

Hébron : le jeudi 30 avril, les FOI positionnées près de la mosquée Ibrahim dans la vieille ville d’Hébron, ont arrêté un mineur, 17 ans, du village d’al-Shyoukh, prétendant qu’il portait un couteau.

Vendredi soir 1er mai, l’armée postée à l’entrée de Beit Ummar, a arrêté un jeune Palestinien (18 ans).

Et dimanche, 3 mai, à la mosquée Ibrahim, elle arrête un autre Palestinien, (22 ans).


3 - Construction du mur d’annexion

Bil’in : (à l’ouest de Ramallah) vendredi 1er mai après la prière, la manifestation hebdomadaire a rassemblé nombre de Palestiniens. Quand ils se sont dirigés vers le mur, en lançant des pierres sur les troupes, celles-ci ont tiré sur les manifestants. 2 d’entre eux, dont un mineur, ont été blessés par des corps de grenade, l’un à la tête, l’autre à une main.

Ni’lin : (à l’ouest de Ramallah) la même manifestation était organisée au même moment avec des Palestiniens, des internationaux et des militants israéliens. La manifestation se dirigeait vers la zone où l’occupant construit un tronçon du mur quand, aussitôt, l’armée s’est mis à tirer. 5 Palestiniens ont été blessés, soit pas des corps de grenade, soit par des balles d’acier enrobées de caoutchouc.

Al-Ma’sara : (au sud de Bethléhem), même manifestation le même jour avec des Palestiniens et des internationaux contre le mur dans le village. Les troupes ont intercepté le cortège à l’entrée du village, lançant des grenades lacrymogènes. Nombre de manifestants souffrent des inhalations. 4 manifestants ont été détenus pendant quelques heures.


4 - Tentatives de créer une majorité juive à Jérusalem

Les mesures arbitraires se poursuivent dans la cité pour tenter d’en chasser les Palestiniens. Le PCHR consacre ce chapitre dans son rapport hebdomadaire aux violations des droits humains commises par les FOI à Jérusalem-Est.

Les FOI ont remis copie d’une décision du tribunal des Affaires locales de la municipalité israélienne de Jérusalem à Nabeel Is’haq al-Dassi. La décision lui ordonne de démolir une structure qu’il avait ajoutée à sa maison dans la vielle ville, au motif qu’elle aurait été construite sans permis. La décision lui demande de la détruire avant le 30 juin prochain. 4 Palestiniens dont 2 mineurs vivent dans cette maison.

Le même tribunal a ordonné la démolition d’une maison appartenant à Darwish Khalil al-Daissi dans la vielle ville, au même motif.

Le mardi 5 mai, le délai donné à ‘Abdul Nasser ‘Aadel Hamdallah pour démolir sa maison dans le quartier al-Sal’a du village d’al-Mukabber expirait. La municipalité israélienne de Jérusalem lui avait ordonné de détruire sa maison de 55 m2, construite sans le permis israélien. Hamdallah avait fait appel devant la cour israélienne mais celle-ci a ordonné le 5 février dernier la démolition de la maison avant le 5 mai, sinon, la municipalité de Jérusalem la ferait démolir et lui imposerait une amende élevée.

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Colonisation israélienne près de Bethléhem, territoire palestinien occupé.


5 - La colonisation et les agressions des colons contres les civils et les biens palestiniens

La colonisation se poursuit en toute illégalité dans les territoires palestiniens et la violence des colons également.

Le mercredi 29 avril, vers 14h, des colons armés ont attaqué à coups de pierres des véhicules civils palestiniens qui se déplaçaient sur la route entre Kufor Qaddoum et al-Fundoc, au nord-est de Qalqilya. Une voiture a été endommagée.

Dans le même secteur, le vendredi 1er mai, vers 10h, un groupe de colons de la colonie Gilad, escorté par l’armée d’occupation, a attaqué des agriculteurs palestiniens du village de Jeet. Ils ont ordonné aux fermiers de quitter leurs champs disant que ceux-ci leur appartenaient. Un colon a frappé un Palestinien et lui a aspergé le visage d’un gaz. Les troupes ont alors confisqué le matériel agricole des fermiers et l’ont remis aux colons qui ont crevé les pneus d’un tracteur. Selon les agriculteurs, ces parties de terrains ont été plantées quatre fois, mais à chaque fois, les colons ont arraché les arbres.

(JPG) Document public

Pour plus d’informations, notamment les noms des victimes, merci de consulter notre site (http://www.pchrgaza.org) ou de nous contacter à notre bureau de Gaza, par mel (pchr@pchrgaza.org) ou par téléphone (+972 (0)8 2824776 - 2825893).

Rapport hebdomadaire pour la période du 29 avril au 6 mai sur : PCHR - traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie : JPP.

Par Nouvelles de Gaza - Publié dans : Rapports du PCHR
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Samedi 18 avril 2009



Mondialisation.ca, Le 17 avril 2009

Des enquêtes indépendantes et des témoignages convaincants des deux bords fournissent des preuves incontestables de crimes de guerre israéliens à Gaza. Il est temps que les coupables rendent des comptes.

 

En février, le Centre Juridique Adalah pour les Droits des Minorités Arabes a montré indéniablement comment Israël a dérogé aux principes fondamentaux du droit international en attaquant aveuglément les civils, en dépit des affirmations des forces de défense israéliennes (IDF), selon lesquelles ces cas étaient justifiés.

 

Amnesty International a accusé Israël de crimes de guerre et a demandé au Conseil de Sécurité des Nations Unies d'imposer un embargo sur les armes.

 

Human Rights Watch (HRW) a une longue pratique d’action en agent impérial, même parfois en remplissant son mandat de « protection des droits de l’homme dans le monde entier... se tenant auprès d’eux et défendant la liberté politique en traînant les contrevenants en justice. »

 

Il a fait en partie cela dans un rapport intitulé Rain of Fire (Pluie de feu), citant « l’usage illégal de phosphore blanc par Israël à Gaza... dans des quartiers peuplés, tuant et blessant des civils, et endommageant des édifices civils, notamment une école, un marché, un entrepôt de l'aide humanitaire et un hôpital. »

 

L’IDF s’est aussi servi de « missiles, bombes, artillerie lourde, obus de char et armes légères, dans des quartiers à forte densité de population, en particulier dans le centre de la ville de Gaza, contrevenant au droit international humanitaire et aux règles de la guerre, qui exigent de prendre toutes les précautions possibles pour éviter de faire du tort aux civils et interdit les attaques aveugles. »

 

HRW qualifie le recours au phosphore blanc « d’aveugle, délibéré et inconsidéré. » Il dit que les États-Unis ont fourni les armes et le nécessaire permettant ces actions. Il demande instamment au Conseil de Sécurité des Nations Unies ou au Secrétaire Général de nommer une commission internationale indépendante pour enquêter sur les allégations crédibles de crimes de guerre, avec usage d’armes illégales.

 

Ne figurent pas dans le rapport les plus de soixante ans de massacres de masse et de destructions d’un traitement se résumant à un génocide. Ne sont pas non plus mentionnés l’impact exhaustif des 22 jours d'attaques, Gaza toujours en état de siège et la Cisjordanie sous occupation militaire. Non répertorié le bilan des morts et des blessés, des civils abattus de sang-froid, du grand nombre de maisons, bâtiments publics, hôpitaux, ambulances, bateaux de pêche, cultures, écoles, mosquées, entreprises, bâtiments et abris des Nations Unies, infrastructures et quartiers entiers, et de toutes les autres destructions aveugles. Silence aussi sur les effets incalculables du blocus contre 1,5 millions de Gazaouis et la poursuite des agressions contre eux.

 

Le 6 avril, Physicians for Human Rights-Israel (PHRI) et Palestinian Medical Relief Society ont compilé dans un long rapport les preuves détaillées des crimes de guerre : des témoignages de Gazaouis et du personnel médical sur le fait que des gens blessés ont été privés de soins, abattus à bout portant de sang froid, empêchés d’être évacués, et étaient terrorisés « sans merci. » Une équipe internationale indépendante de juristes, de personnel de santé et d’experts médicaux a effectué l'enquête.

 

Hadas Ziv, le directeur exécutif de PHRI, a déclaré : « L’une des difficultés du rapport est manifestement le préjudice envers les gens innocents... du déchaînement de pareille puissance de feu au sein de la population. » Il a enregistré les témoignages de 44 civils et a prélevé des échantillons de tissus, sol, eau, herbe des marais, soupçonnés d’être infectés par des munitions et des armes chimiques, puis les a envoyés au Royaume-Uni et en Afrique du Sud pour tests et évaluations.

 

 

Al-Haq durant l’Opération Plomb Fondu

 

Al-Haq est une ONG palestinienne de Ramallah en Cisjordanie, créée en 1979 pour « protéger et promouvoir les droits de l'homme et la primauté du droit » en Palestine occupée.

 

En avril, elle a publié un document sur la situation intitulé : « L’Opération Plomb Fondu et déformation du droit International : Analyse juridique de la prétention israélienne à l'autodéfense en vertu de l'article 51 de la Charte des Nations Unies. » Cette justification est absurde de la part d’une nation s’absolvant elle-même de crimes de guerre incontestables.

 

Néanmoins, le 30 mars (après 11 jours), l’IDF a clôturé son enquête sur les allégations de dérapages militaires, avec le Juge-avocat général, Avichai Mendelblit, les qualifiant dédaigneusement d’« heresay » basée sur aucune preuve corroborée. « Elles étaient basées sur des rumeurs et ne reflètent pas le déroulement des opérations sur le terrain. » C’est le genre de manœuvres dilatoires israéliennes typiques, chaque fois que ce pays est pris en flagrant délit, avec l’imputation de ses propres crimes à ses victimes.

 

Le 31 mars, un communiqué de presse du Centre Palestinien pour les Droits de l'Homme (PCHR) a déclaré :

Le PCHR « pense que la rapidité avec laquelle cette enquête a été conclue illustre l'incapacité constante de l’IDF à enquêter véritablement sur les crimes que ses soldats commettent régulièrement contre les civils palestiniens. Les enquêtes de cette nature ne sont pas conformes aux normes internationales d'indépendance et de transparence, et elles entravent la justice. »

 

Al-Haq a passé en revue les 22 jours « d’attaques aériennes sans relâche, accompagnées d’incursions terrestres intensives, » ainsi que les morts, les blessés et les destructions qu'elles ont provoquées. Pourtant, incroyablement, le matin avant l'attaque, Gabriela Shalev, l'ambassadrice d'Israël auprès des Nations Unies, a informé le Secrétaire Général :

Après une longue période d’extrême retenue, le gouvernement israélien a décidé à compter de ce matin d'user de son droit de légitime défense... comme le stipule l'article 51 de la Charte de l’ONU.

 

Cette justification est juridiquement indéfendable pour au moins deux raisons :

- Gaza reste en réalité occupé et Israël en porte l'entière responsabilité, et

 

- l'attaque israélienne était gratuite, préventive, en rapport avec l'occupation et le conflit plus large opposant la quatrième plus puissante armée du monde à une population civile sans défense, dotée seulement d’armes artisanales de petit calibre pour se défendre.

 

 

Le statut juridique de Gaza

 

Malgré le désengagement de 2005, Gaza demeure occupé. L'article 42 du Règlement de 1907 de La Haye stipule que :

Un territoire est considéré comme occupé quand il se trouve placé de fait sous l'autorité de l'armée ennemie. L'occupation ne s'étend qu'aux territoires où cette autorité est établie et peut être exercée.

 

Il existe légalement un « contrôle effectif » si des forces militaires antagonistes peuvent à chaque fois qu'elles le désirent assumer un contrôle physique sur une partie du pays. » Si, en plus, une « puissance occupante, » a assez de « force » ou de « moyens » pour infliger son autorité. Le plan de désengagement d'Israël affirme son droit à « garder et surveiller le périmètre terrestre extérieur de Gaza et à continuer à assumer son autorité sur son espace aérien » et sur son littoral. Il autorise aussi le déploiement de troupes à l'intérieur du territoire et le droit de contrôle administratif sur la population à travers le système fiscal, le registre de la population civile, et la régulation exclusive de l’entrée et de la sortie tout bien et personne.

 

 

L’autodéfense en vertu du droit international

 

L'article 2(4) de la Charte des Nations Unies déclare que tout État Membre « doit, dans ses relations internationales, s'abstenir de menacer ou d'employer la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État, et de tout autre recours incompatible avec l'objectif de l'Organisation des Nations Unies. »

 

Toutefois, la Charte autorise la force armée à deux conditions : quand elle est permise par le Conseil de Sécurité ou par l'article 51, qui autorise le « droit individuel ou collectif à l'autodéfense quand une agression armée se produit contre un Membre... jusqu'à ce que le Conseil de Sécurité prenne des mesures pour maintenir la paix et la sécurité. »

 

L’Opération Plomb Fondu était une agression gratuite dans le contexte de 42 ans de conflit et d’occupation, un cadre « régi exclusivement par le droit humanitaire international, » pas par les lubies de l'occupant pour exercer une pression.

 

L'article 51 ne s'applique pas à une puissance occupante, puisque Israël est assujetti au droit international humanitaire, notamment aux dispositions de la Quatrième Convention de Genève. Israël a certaines obligations juridiques spécifiques envers Gaza et la Cisjordanie :

- traiter les civils avec humanité,

 

- s'abstenir d'actes de violence de toute nature,

 

- soigner les malades et les blessés,

 

- assurer une alimentation suffisante et des fournitures médicales,

 

- fournir des garanties juridiques, et

 

- s'occuper à tout égard des « personnes protégées » sous son contrôle.

 

Le droit international limite aussi les méthodes de combat et les moyens utilisés par toutes les parties. Légalement, seule la définition stricte de la « nécessité militaire » justifie une attaque, contre des objectifs dans l’intention d’affaiblir ou de vaincre l'ennemi ou de mettre fin au conflit. Même dans ce cas les principes de distinction et de proportionnalité s'appliquent :

- faire la distinction entre cibles militaires et civiles et non militaires ; attaquer ces dernières étant un crime de guerre, et

 

- la règle de proportionnalité s’oppose à la force disproportionnée aveugle, susceptible de provoquer des dommages ou des pertes de vies humaines ou d'objets.

 

Israël est aussi tenu avant toute attaque de prévoir des « alertes efficaces à l’avance, » pour avertir les populations civiles, puis de prendre toute mesure possible pour minimiser les pertes chez les non-combattants. En vertu de la Quatrième Convention de Genève, les « zones neutres » doivent être protégées afin d'assurer qu'elles soient le plus possible exemptes de dommages au cours du conflit.

 

Israël a dérogé aux règles de la guerre et de l'occupation et a commis des crimes de guerre et contre l'humanité. Il a attaqué les civils d’une façon disproportionnée, sans distinction, en particulier dans les quartiers densément peuplés. Il n’a fait aucun effort pour faire la distinction entre les cibles militaires et civiles. Il délibérément pris pour cible la totalité de la population de Gaza, de ses biens et infrastructures, sans discrimination, contrevenant gravement aux Conventions de Genève et aux autres règles du droit humanitaire international. Ainsi qu’aux lois de la guerre. En tant que tel, ses gouvernants et commandants sont pénalement répréhensibles et doivent être tenus pour responsables de leurs actions.

 

Al-Haq a conclu :

« S’en remettre à l'autodéfense, de la part d’Israël, mal interprète le droit international dans une démarche visant à se soustraire à ses obligations juridiques internationales ... » Son argument d’autodéfense est illégitime en vertu de l'article 51 et « n'a aucune validité au regard du droit international. »

 

 

L’enquête de l’ONU sur les crimes de guerre à Gaza

 

Le 3 avril, l'ONU a annoncé la nomination de Richard Goldstone à la tête d'une enquête d’information à Gaza, sur les allégations de crimes de guerre commis là-bas au cours de l’Opération Plomb Fondu. Martin Uhomoibhi, le président du Conseil des Nations Unies aux Droits de l'Homme, a déclaré qu’une équipe indépendante d'experts effectuera la mission dans les prochaines semaines après en avoir discuté à Genève.

 

Goldstone est un juriste respecté, qui a été juge pendant neuf ans à la Cour Constitutionnelle de l'Afrique du Sud. Il a aussi siégé en tant que procureur en chef de l'ex-Yougoslavie et des tribunaux du Rwanda, et est membre du conseil de l'Université Hébraïque. En tant que Juif sa nomination l’a « choqué, » mais il a promis d'être juste et équitable. Il « espère que les conclusions... vont apporter une contribution significative au processus de paix... et rendre justice aux victimes. »

 

C’était l'une des 16 personnalités internationales, avec l'archevêque Desmund Tutu, qui ont exigé le 17 mars une enquête pour crimes de guerre. Son mandat est de se focaliser sur les victimes palestiniennes de la dernière guerre à Gaza, mais il enquêtera sur toute violation présumée, avant, pendant et après le conflit.

 

Israël a toujours refusé avant de participer aux enquêtes précédantes du Conseil, en les qualifiant de partiales. On ne sait pas si Israël coopérera maintenant, après que Yigal Palmor, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères, a déclaré : « Ce comité est chargé non pas de rechercher la vérité, mais d’accuser Israël des crimes présumés. » Il a accusé le Conseil de n'avoir « pratiquement pas du tout de crédibilité. »

 

Goldstone est actuellement Compagnon de Spinoza au Netherlands Institute for Advanced Study de La Haye. Il a reçu plusieurs récompenses des droits de l'homme, la toute dernière, le Prix de la Fondation MacArthur pour la Justice Internationale lui sera attribuée à La Haye le 25 mai 2009.

 

Le 3 mai 2007, il était sans équivoque en tant que l'un des quatre membres du comité, sur la question de savoir si les procès en crimes de guerre font plus de mal que de bien. Au moment où on lui a demandé de participer, il a dit que « les organisateurs devaient savoir que je dirais qu'ils font plus de bien que de mal et que c’est, bien sûr, mon point de vue. »

 

Il a cité la réalisation de Nuremberg comme « la première démarche ayant fait rendre des comptes à des criminels qui ont violé le droit pénal international. C’était la première constatation du fait que la primauté de la loi pourrait être appliquée au niveau international, » mais à travers un « procès équitable » exposant « les plus effroyables crimes de guerre, » en attirant l’attention sur « les victimes... Elles savent ce qui leur est arrivé. Elles n'ont pas besoin d'aller au tribunal et d’écouter les charges... mais elles ont besoin de la reconnaissance officielle pour commencer leur processus de guérison... Je ne doute pas que le monde soit un meilleur endroit aujourd'hui à la suite de l’essor rapide de la justice pénale internationale » et de l’instauration de la Cour Pénale Internationale par le Traité de Rome.

 

 

Directives d’enquête de B'Tselem sur l'Opération Plomb Fondu

 

B'Tselem est le Centre d'Information Israélien sur les Droits de l'Homme dans les Territoires Occupés. Il fait partie d'une coalition d'organisations des droits humanitaires israéliennes, qui poussent Israël à enquêter de manière approfondie et équitable sur les allégations de ses crimes de guerre. Bien sûr, nous savons maintenant qu'il les blanchira, comme il l’a fait dans le passé.

 

B'Tselem cite néanmoins l'atrocité des morts, blessés, destructions, sans-abri, pertes humaines irrévocables et souffrances, qui exigent amplement de rendre des comptes. Il a préparé un document « définissant les principales questions » concernant la conduite d'Israël et a présenté les lignes directrices pour l’examiner.

 

 

Tirs sur les civils

 

Des civils ont été délibérément pris pour cible, en violation du droit international, et la grande majorité des morts et des blessés étaient des non-combattants. B'Tselem a répertorié de nombreux cas, « dans lesquels de jeunes hommes ne participant pas aux hostilités ont été tués » ou blessés.

 

« L’examen de la conduite de l’IDF au cours de l'opération pose de graves soucis quant à l'étendue de ses manquements envers ses obligations en vertu du droit humanitaire international. » Des preuves incontestables, qu’aucune norme ou arrangement de la loi ne peut démentir, montrent des crimes de guerre systématiques et cruels.

 

Pendant le conflit, B'Tselem a obtenu « des récits particulièrement graves de soldats tirant intentionnellement sur des civils » non-combattants. Ils doivent faire l’objet d'une enquête approfondie pour déterminer si les commandants ont ordonné ces actions ou si les militaires ont agi de leur propre chef.

 

 

L’absence de protection des civils

 

Israël a volontairement emprisonné 1,5 millions de Gazaouis durant le conflit. Les passages frontaliers ont été fermés, et l'Égypte (en accord avec Israël et Washington) a refusé d'ouvrir celui de Rafah. Israël a prétendu que le largage de circulaires était suffisant. Faux. Le droit international exige qu’un préavis soit donné à l’avance et que toute précaution soit prise pour protéger les civils. À la place, ils ont été pris pour cible dans leurs maisons, écoles, mosquées, lieux de travail, et abris de l'UNRWA.

 

B'Tselem a obtenu des témoignages selon lesquels l’IDF s’est aussi servi de Palestiniens comme boucliers humains. On leur a ordonné d’entrer dans des bâtiments devant les soldats pour s’assurer qu'ils n’étaient pas piégés. Et aussi d'éliminer les objets suspects sur les routes et de se tenir devant les militaires qui auraient pu être tués. L'article 28 de la Quatrième Convention de Genève interdit ces pratiques, et précise que :

« La présence d'une personne ne peut servir à mettre des lieux ou des zones à l’abri des opérations militaires. » En d'autres termes, à servir de boucliers humains. Dans l’affaire Adalah et autres contre OC Central Command et autres, la Cour suprême israélienne a interdit toute forme de cette pratique dans un but quelconque.

 

 

Prendre pour cible des symboles gouvernementaux

 

Pendant le conflit, l’IDF a bombardé des centaines de cibles civiles, des maisons, hôpitaux, écoles, mosquées et bâtiments publics, en violation flagrante envers le droit international. Réponse d’Israël : les cibles « supportant le financement, la planification et la réalisation d'actes terroristes » ont été frappées. D'autres déclarations étaient similaires, mais omettaient de dire en quoi ces bâtiments avaient un caractère militaire. B'Tselem a conclu que « la raison de frapper ces objectifs n’était pas en rapport avec leur usage et il était donc interdit de les attaquer. »

 

Pour sa part, Israël a prétendu que tout ce qui concernait le Hamas faisait une cible légitime. Dan Harel, le vice-chef d'état-major général, a déclaré :

« Nous frappons non seulement les terroristes et les lanceurs, mais aussi l'administration du Hamas entière, et toutes ses armes. Nous frappons les édifices publics, usines, agences de sécurité, etc. Nous invoquons la responsabilité gouvernementale du Hamas et nous ne faisons pas de distinction entre les différentes branches. Après l'opération, aucun bâtiment du Hamas ne sera laissé debout. » Il avait inclus vraisemblablement les hôpitaux, écoles, mosquées et les maisons particulières.

 

Une autre déclaration officielle, disait :

« Quand une organisation terroriste contrôle un gouvernement, tous les ministères du gouvernement servent à assumer les objectifs de l'organisation terroriste. Pourquoi, supposez-vous que le ministère du Transport palestinien ne sert qu'à établir des lignes de bus ? Peut-être sert-il à d'autres fins. Le Hamas ne fait pas les séparations qui sont coutumières dans les pays bien dirigés. » Peut-être aussi que les chirurgiens, les enseignants, les femmes et les enfants sont des kamikazes secrets, et donc des cibles légitimes.

 

B'Tselem a écrit au Ministre de la Justice d'Israël, Menachem Mazuz, « pour demander des clarifications sur les attaques contre les civils. » La réponse « a complètement ignoré les questions posées... »

 

 

L’évacuation des blessés et les attaques contre les équipes médicales

 

Il y a eu de nombreux rapports sur le fait que l’IDF a pris pour cible les hôpitaux, les ambulances, et les employés aux soins médicaux, et « que les soldats empêchaient d’amener les blessés à l'hôpital. » Dans certains cas, ils ont tiré à bout portant sur les blessés ou les ont laissé mourir sur place en se vidant de leur sang. Dès qu’Israël a envahi, la circulation des équipes médicales a été impossible « car c’était sur l'accès aux hôpitaux du secteur central de Gaza... au moins 16 équipes médicales ont été prises pour cible et tuées au cours de l'opération. »

 

Le CICR s’est écarté de sa procédure habituelle en déclarant qu'Israël a violé le droit international humanitaire qui exige de s’occuper et d'évacuer les blessés, et qu’empêcher ou retarder cela est illégal et inacceptable.

 

Le 6 janvier, huit organisations de défense des droits de l'homme ont adressé une pétition à la Cour Suprême « exigeant que l'armée permette aux équipes médicales et aux ambulances de se déplacer dans Gaza et autorise l'évacuation des blessés vers les hôpitaux. » Israël a prétendu avoir donné l’instruction explicite de s'abstenir d'attaquer les équipes médicales et les ambulances et de laisser évacuer les blessés vers les hôpitaux, puis a apporté des précisions dans une déclaration disant :

Les rapports reçus indiquent clairement et sans équivoque que les activités terroristes utilisent parfois des ambulances pour commettre des actes terroristes, et se déguisent aussi en personnel médical. Il s'agit d'un mode opérationnel plutôt que d'incidents isolés et exceptionnels.

 

C’est typique de la défense israélienne pour justifier ses crimes de guerre et contre l'humanité les plus révoltants. Il s’agit d’un bouclier juridique fictif, rejeté par la jurisprudence internationale. C’est fondé sur des suppositions, et non pas sur des faits, et ce serait rejeté de toute juridiction légitime du fait que c’est non établi et non démontré.

 

Le droit international est clair et sans équivoque. Les hôpitaux civils, le personnel médical, et toute personne s’occupant des blessés, ne peuvent en aucun cas faire l'objet d'attaques, mais doivent être ménagés et protégés tout le temps par les parties en conflit. » Israël accuse le Hamas au lieu d’assumer la pleine responsabilité de ses actes.

 

 

La destruction de l'infrastructure civile et des services publics

 

Pendant le conflit, les infrastructures civiles de Gaza et les services publics « ont été presque totalement détruits. » Les centrales électriques ont épuisé leur carburant et se sont arrêtées. Les habitants avaient à peine 25% de l'électricité nécessaire. Les services des eaux et des égouts ont été détériorés. À l’apogée des combats, plus de 800.000 personnes n'avaient plus d'eau courante. Les eaux des égouts se sont répandues sur les terres arables et ont inondé les rues de Beit Hanoun. Les hôpitaux ont dû recourir à des générateurs. Ces personnes ont aussi souffert de la pénurie de pratiquement tout ce qui est nécessaire pour vivre. La nourriture et les autres choses essentielles étaient difficile à obtenir. Les boulangeries étaient fermées pour manque de farine, de gaz et d'électricité pour la cuisson. Les organismes internationaux étaient dans l’incapacité de distribuer la nourriture et les autres fournitures.

 

Le résultat a été un désastre humanitaire aggravé par 18 mois d’état de siège. Deux semaines avant le début de l’offensive, un rapport de l'OCHA disait que Gaza était en crise, et que ses habitants luttaient au quotidien pour répondre à leurs besoins élémentaires et survivre, comme obtenir suffisamment de nourriture, d'eau, de carburant et de soins médicaux. La plupart d'entre eux se sentaient piégés sur le plan « physique, mental et émotionnel. »

 

Selon OCHA, au deuxième trimestre 2008 le taux de chômage atteignait 50%, et, en 2007, 79% des ménages vivaient dans la pauvreté et pour 70%, elle était « profonde. » C’était Gaza à la veille du conflit. Aujourd'hui, après tant de destruction, c'est bien pire.

 

 

Conclusion

 

« L'étendue des atteintes à la population civile au cours de l'Opération Plomb Fondu est sans précédent. C'est seulement maintenant que se révèle l'ampleur des destructions » avec davantage de preuves révélées par de récents témoignages. Des familles entières ont été tuées. Des parents ont été impuissants à empêcher leurs enfants de mourir. D'autres n’ont pu empêcher un être cher de mourir en se vidant de son sang. Ce sont des cicatrices indélébiles, à jamais gravées dans la mémoire collective d'un peuple torturé, isolés, négligé, et méprisé par les dirigeants du monde entier.

 

Des groupes des droits humanitaires et autres exigent que les comptes soient intégralement rendus « pour les crimes les plus graves. » Israël prétend que son armée a agi comme il faut. Ehud Barak, le Ministre de la Défense, a qualifié l’IDF « d'armée la plus morale du monde... qui a usé de tous les moyens possibles pour éviter de blesser les gens. » Le juge-avocat général de l'armée israélienne, Avichai Mandelblit, a dit à B'Tselem :

Bien que nous regrettions, bien sûr, tout tort envers les civils, nous soulignons de nouveau que la responsabilité de tout ceci se trouve uniquement sur le seuil de la porte de l'organisation du Hamas...

 

B'Tselem a été implacable en qualifiant d’« inacceptables » les actes d'Israël. Le droit international protège les civils des « effets horribles de la guerre... User d’une terminologie ambiguë et d’arguments injustifiés pour excuser d’aussi graves torts envers les civils, dans une démarche destinée à créer un semblant de respect de la loi, constitue » une tromperie flagrante de tout premier ordre.

 

La conduite d'Israël « fait sérieusement soupçonner que les soldats et les commandants ont violé le droit international humanitaire, » volontairement et de façon réitérée. « Compte tenu de tout cela, une expertise publique... est essentielle... L’ampleur et la gravité des violations ne peuvent être déterminées que dans le cadre d'une enquête approfondie, indépendante, efficace, ouverte à la critique publique, et effectuée dans un délai raisonnable. »

 

B'Tselem demande instamment à Israël de le faire. Jamais il n’a été et ne va maintenant au-delà d’affirmer qu’il faut examiner les allégations, et déterminer si elles sont sans fondement. Seul un organisme indépendant devrait être investi. Il reste à voir si, avec Richard Goldstone, l’équipe du Conseil des Nations Unies sur les Droits Humanitaires sera à la hauteur. Le monde entier regarde.

 

 

Stephen Lendman est un chercheur associé au Centre de Recherche sur la Mondialisation (Global Research). Il vit à Chicago et peut être contacté à lendmanstephen@sbcglobal.net. Le site de son blog est sjlendman.blogspot.com.

 

 

 

Texte original en anglais : Investigating Israeli War Crimes in Gaza, publié le 15 avril 2009.


Traduction : Pétrus Lombard. 


 Articles de Stephen Lendman publiés par Mondialisation.ca
Par Nouvelles de Gaza - Publié dans : Agressions israéliennes
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Jeudi 16 avril 2009
                                                                                                                                                                                                                  ZIAD MEDOUKH
 
 
 
Trois  mois après la fin de l'agression israélienne contre la Bande de Gaza qui a fait plus de 1500 morts palestiniens, des civils et des enfants en majorité, sans oublier les blessés et la destruction massive de l'infrastructure, des maisons, des écoles, universités, voire des usines et des bâtiments, la situation reste très grave à tous les niveaux, surtout au plan humanitaire, pour plus de 1,5 milions de Gazouis qui sont toujours enfermés, malgré la mobilisation internationale contre les attaques israéliennes et pour leurs droits.
 
La vie reprend lentement dans les rues de Gaza, qui témoignent de la barbarie de l'armée israélienne pendant les trois semaines de l'offensive militaire contre les femmes et les enfants. Partout à Gaza, on trouve des ruines des maisons ou des bâtiments détruits et visés par les bombardements israéliens.
 
Les Habitants de Gaza essayent de montrer leur capacité à dépasser cette période difficile à travers une vie plus ou moins normale, mais sur leurs visages on voit la tristesse voire l'inquiétude d'une population qui vit toujours sous blocus et qui est toujours enfermée dans une prison à ciel ouvert. Les écoles, les commerces et les marchés reprennent leurs activités, mais avec des souvenirs et des images de la dernière attaque israélienne sur Gaza. C'est très difficile pour ces gens d'oublier leurs morts, leurs blessés et leurs maisons et écoles touchées par les attaques israéliennes. Les images des bombes, missiles et chars israéliens reviennent toujours dans la mémoire.
 
Trois mois ,après, rien ne semble différent pour les Gazouis toujours à la recherche d'une solution politique, et pas seulement humanitaire, suite à leur résistance remarquable contre les armes de l'aviation, la marine et la force terrestre israéliennes. Le blocus dure depuis plus de 20 mois, les passages et les frontières avec l'extérieur sont toujours fermés par ordre militaire israélien et les produits alimentaires qui entrent à Gaza sont rares. Les Israéliens ouvrent les passages commerciaux une ou deux fois par semaine pour permettre l'entrée de quelques camions et convois humanitaires, souvent pour les organisations internationales comme l'UNRWA, avec cinq ou six produits seulement, en privant la population de Gaza de beaucoup de matériaux et de produits, tels les matériaux de reconstruction, sous prétexte que les combattants ou les factions palestiniennes vont les utiliser pour la fabrication des missiles et roquettes.
 
Les Gazouis craignent la reprise des attaques israéliennes, puisque la communauté internationale n'a pas joué son rôle d'imposer au gouvernement israélien l'arrêt des combats et qu'elle ne fait pas de pressions pour qu'il lève le blocus imposé à la population civile de Gaza depuis plus de 20 mois. Les habitants, qui sont épuisés à la fin de cette agression israélienne, ont peur pour leurs enfants et leur avenir. Ils espèrent avoir un gouvernement d'union nationale en Palestine pour en finir avec la division palestinienne qui a aggravé leur situation économique et sociale, et pour qu'ils puissent s'occuper de la reconstruction de Gaza détruite par l'offensive militaire israélienne.
 
Le seul signe d'espoir pour les Palestiniens de Gaza, comme tous les Palestiniens en Palestine et à l'extérieur, c'est l'éducation. Malgré la destruction de plus de 15 écoles et le bombardement de plus de 29 écoles et trois universités dans la Bande de Gaza, les élèves, les étudiants et leurs professeurs continuent de fréquenter leurs écoles et leurs classes, en dépit de toutes les pertes et de toutes les conséquences économiques, sociales et psychologiques. Plusieurs cours se font sous les ruines des écoles touchées par les bombardements israéliens, ou dans des tentes. Les élèves qui viennent à leurs cours rendent hommage à leurs amis morts et blessés lors de cette offensive israélienne, mais ils continuent à lire et écrire l'espoir, l'amour et l'avenir. Ils mettent une rose sur les tables de leurs amis perdus lors de cette guerre et montrent leur capacité à construire leur avenir avant de reconstruire leurs écoles et leurs classes.
 
Les besoins des habitants de Gaza sont la levée du blocus, l'ouverture des passages et des frontières, mais surtout une solution politique et pas seulement économique. Ils ont besoin d'un changement radical, d'un Etat, de sortir de leur prison.
 
A l'université, les jeunes étudiants continuent à venir étudier, même dans des classes touchées et visées par les bombardements israéliens. L'éducation est un élément sacré en Palestine. Les familles encouragent leurs enfants à avoir des diplômes supérieurs. Même si, avec le chômage et les difficultés économiques, c'est difficile de trouver un travail à la fin des études. L'éducation fait partie de la résistance par la non violence, une résistance populaire, qui montre la capacité de notre peuple à défier la situation actuelle et affronter toutes les mesures de l'occupation qui essaient de priver les Palestiniens de leurs droits fondamentaux.
 
Les habitants de Gaza espéraient que leur sacrifice pendant la dernière agression israélienne, ainsi que leur résistance historique contre la barbarie de l'armée israélienne, et surtout que les manifestations populaires partout dans le monde allaient changer quelque chose pour eux : la levée du blocus, l'ouverture des passages et des frontières qui relient la Bande de Gaza à l'extérieur, le jugement des criminels israéliens. Malheureusement, rien n’a changé pour les Gazaouis, ils sont toujours enfermés, ils vivent sous un blocus aveugle qui est en train de faire de plus en plus de victimes, les malades ne pouvant aller se soigner dans les hôpitaux israéliens et égyptiens.
 
Pour les Gazaouis il ne reste qu'une seule alternative : résister sur leur terre, rester à côté des ruines de leurs maisons détruites par les bombardements israéliens, et surtout espérer une solution politique qui leur permettrait de vivre une vie normale à Gaza, en Palestine.
Par Nouvelles de Gaza - Publié dans : Université Al-Aksa de Gaza
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Vendredi 30 janvier 2009

Rapport n° 4 sur les violations israéliennes des droits humains
vendredi 30 janvier 2009 - PCHR - du 22 au 28 janvier 2009

Durant la période du 22 au 28 janvier :

-  un agriculteur palestinien a été tué par les FOI, et deux civils, dont un mineur, sont décédés des suites de leurs blessures ;

-  17 civils palestiniens, dont 4 mineurs et 2 journalistes étrangers, ont été blessés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ;

-  les FOI ont mené 32 incursions dans les communautés palestinennes de Cisjordanie ;

-  64 civils palestiniens ont été arrêtés en Cisjordanie, dont 15 mineurs ;

-  en outre, les soldats d’occupation, postés sur les check-points de Cisjordanie, y ont arrêté 4 Palestiniens, dont un mineur ;

-  dans le village de Battir, près de Bethléhem, une maison a été transformée par l’occupant en poste militaire ;

-  la judaïsation de Jérusalem s’est poursuivie où deux maisons ont été démolies, faisant 53 sans abri supplémentaires.

Un siège total a été maintenu sur les TPO et la bande de Gaza est restée complètement isolée du monde extérieur.

(JPG)
Scène de destructions dans la bande de Gaza.

Partie Bande de Gaza

Jeudi 22 janvier 2009

-  16h00 : Les sources médicales en provenance d’Egypte annoncent le décès de ’Eid ’Ayada Abu Rabee’, 56 ans, originaire de al-Mughraqa village au sud de Gaza ville. Il est décédé des suites de ses blessures contractées le 4 janvier au cours d’une des offensives des FOI.

Vendredi 23 janvier

-  01h00 : Ces mêmes sources annoncent le décès de ’Abdullah Mohammed Hamdan Abu Touk, 17 ans, originaire de Khuza’a, village à l’est de Khan Yunis. Son décès est dû aux blessures contractées le 11 janvier lors du bombardement de son village.

-  01h00 : Depuis la frontière, les FOI ouvrent le feu sur des civils en train de faire l’inventaire de ce qui leur reste à la suite des bombardements sur leur village de Khuza’a Nabeel Ibrahim al-Najjar, 40 ans, est blessé par balle.

Samedi 25 janvier

-  16h00 : Les FOI renouvèlent leurs tirs sur le même lieu. Subhi Tafesh Qudaih, 55 ans, prend une balle dans le dos.

Mardi 27 janvier

-  10h00 : Depuis la frontière, les FOI tirent sur plusieurs agriculteurs de la famille Abu Daqqa au travail sur leurs terres à Al Qarara à l’est de Khan Younis. Etant à environ 600 mètres de la frontière ils se sont plaqués à terre. Quand les tirs se sont interrompus, ils ont essayé de rentrer. Anwar Zayed al-Buraim, 26 ans, est tué d’une balle dans le cou.

-  15h00 : Des bulldozers et des blindés pénètrent à 500 mètres dans Deir Al Balah. Ils défoncent des terres agricoles jusqu’à 19h00. La troupe ouvre alors le feu sur des maisons proches. Mohammed Salama al-Ma’ni, 21 ans prend une balle. Les FOI se retirent sur 200 mètres mais continuent de patrouiller le secteur.

-  16h40 : Un drone cible son missile sur Hussein Fayez Shamiya, 25 ans, qui roule en moto à al-’Aqqad, quartier de Khan Yunis. Il est grièvement blessé par des éclats à travers le corps. Ahmed Wa’el Sirdah, 5 ans et Mahmoud Mohammed Abu Tawq, 13 ans, tout proches de l’explosion sont également dans un état critique.

Mercredi 28 janvier

-  02h00 : L’aviation bombarde des tunnels au sud de Rafah. Plusieurs maisons sont endommagées. Pas de victimes.


L’état des mouvements aux postes frontière

Karm Abu Salem

Date  : Détails
14 janv.  : 104 containers de nourriture provenant de l’aide humanitaire internationale rentrent
15 janv.  : 65 containers
16 janv.  : 73 containers
17 janv.  : 52 containers
18 janv.  : 97 containers
19 janv.  : 108 containers de nourriture + des denrées diverses pour les commerçants
20 janv.  : 118 containers
21 janv.  : 71 containers
22 janv.  : 99,5 containers
23 janv.  : 65 containers
24 janv.  : Fermé
25 janv.  : 118 containers
26 janv.  : 118 containers
27 janv.  : Fermé

Rafah International

Date  : Détails
14 janv.  : 29 blessés accompagnés d’un parent sortent ;
33 médecins arabes, 4 civils, 2 morts des suites de leurs blessures et 14 camions de médicaments et de matériel médical rentrent.
15 janv.  : 3 blessés accompagnés d’un parent sortent ;
7 médecins arabes, 60 journalistes internationaux et 4 camions de médicaments et de matériel médical rentrent.
16 janv.  : 16 blessés accompagnés d’un parent sortent ;
6 médecins et 5 journalistes internationaux, 20 civils, 20 camions de médicaments et de matériel médical et 3 ambulances rentrent.
17 janv.  : 37 blessés accompagnés d’un parent sortent ;
24 médecins arabes, 15 internationaux, 7 civils, 1 corps des suites de ses blessures et 10 camions de médicaments et matériel médical rentrent.
18 janv.  : 40 blessés accompagnés d’un parent sortent ;
48 médecins, 60 journalistes internationaux 5 civils, 1 corps, 15 camions de médicaments et de matériel médical et 11 ambulances rentrent.
19 janv.  : 75 blessés accompagnés d’un parent et 259 arabes et internationaux sortent ;
27 médecins arabes, 50 civils, 28 camions de médicaments et matériel médical et 3 ambulancesz rentrent.
20 janv.  : 40 blessés accompagnés d’un parent et 186 arabes et internationaux sortent ;
27 médecins, 50 civils 28 camions Palestinians de médicaments et matériel médical et 3 ambulances rentrent.
21 janv.  : 66 blessés et 128 arabes et internationaux sortent ;
42 civils, 107 arabes et internationaux et 10 camions de médicaments et matériel médical rentrent.
22 janv.  : 80 blessés et 150 Arabes et internationaux sortent ;
200 civils, arabes et internationaux, 12 camions de médicaments et de matériel médical et 15 ambulances rentrent.
23 janv.  : 41 blessés, 20 médecins, 15 journalistes, 20 Egyptiens et une délégation du Hamas sortent ;
50 civils et une délégation du Koweit rentrent.
24 janv.  : 29 blessés et 95 arabes et internationaux sortent ;
11 civils, 83 arabes et internationaux, 10 camions de médicaments et de matériel médical et 10 ambulances rentrent.
25 janv.  : 76 blessés 86 arabes et internationaux et une délégation des partis politiques palestiniens sortent ;
32 civils, 5 internationaux et 10 camions de médicaments et matériel médical rentrent.
26 janv.  : 20 blessés et 60 arabes et internationaux sortent ;
117 civils, arabes et délégués internationaux et 10 camions de médicaments et de matériel médical rentrent.
27 janv.  : 94 blessés, des arabes et des internationaux sortent ;
22 civils, arabes et délégués internationaux et 8 camions de médicaments et de matériel médical rentrent.

Nahal Ouz Crossing

Date  : Gaz domestique
(tonnes)
 : Fioul industriel
(litres)
19 janv.  : 206 160  : 537 100
20 janv.  : 198 900  : 443 000
21 janv.  : 163 840  : 456 000
22 janv.  : 199 680  : 444 400
25 janv.  : 137 880  : 320 120
26 janv.  : 103 880  : 169 140
27 janv.  : 21 160  : 129 400

Karni

Date  : Détails
18 janv.  : 18 camions de blé et de farine et 20 camions de graines rentrent.
19 janv.  : 34 camions de farine et 28 camions d’aliment pour bétail rentrent.
20 janv.  : 48 camions de farine et 23 camions d’aliment pour bétail rentrent.
21 janv.  : 23 camions de graines et 14 camions d’aliment pour bétail rentrent.
22 janv.  : 43 camions de farine et 37 camions d’aliment pour bétail rentrent.
26 janv.  : 102 camions de farine, 51 camions d’aliment pour bétail et 12 camions de graines rentrent.
27 janv.  : 6 camions de farine et de graines rentrent.


Le Centre palestinien des Droits humains (PCHR) accueille favorablement la décision de la Cour de justice espagnole d’enquêter sur les crimes de guerre commis dans la bande de Gaza.

Communiqué sur PCHR

Ref : 22/2009 - 29 janvier 2009

Le PCHR accueille favorablement la décision de la Cour nationale de Justice d’Espagne d’examiner les cas de sept autorités militaires israéliennes suspectées d’avoir commis des crimes de guerre dans la bande de Gaza.

La décision prise le 29 janvier 2009 par la plus haute instance judiciaire de la Cour de Justice espagnole consiste à instruire les dossiers de 7 suspects : l’ancien ministre de la Défense Benjamin Ben-Eliezer (qui est actuellement ministre des Infrastructures nationales), son ancien conseiller militaire, Michael Herzog, son ancien Chef d’état-major Moshe Ya’alon, Dan Halutz, ancien commandant des forces aériennes israéliennes, Abraham Dichter, ancien responsable des Services de renseignements, Doron Almog, ancien responsable du Commandement Sud des Forces israéliennes et Giora Eiland, ancien responsable du Conseil de la Sécurité nationale israélienne. Ils devront se présenter en personne devant la Cour en Espagne dans les 30 jours. Si les suspects ne se conforment pas à la décision de la Cour, celle-ci lancera des mandats internationaux pour leur arrestation.

De plus, si cette décision ne devait pas être suivie d’effets, la Cour d’ Espagne a annoncé que - si l’intention d’exterminer la population palestinienne peut être prouvée - l’inculpation pourrait se muer en « génocide ».

Le PCHR accueille favorablement cette décision comme un pas de plus vers la Justice à rendre aux survivants d’une exécution de masse perpétrée en dehors de tout recours au droit, par les FOI dans la bande de Gaza en juillet 2002.

Il était environ minuit le 22 juillet 2002 quand un avion à réaction israélien a lâché une bombe d’une tonne sur la maison de Salah Shehada, Commandant des brigades Izzedeen El-Qassam, le bras armé du hamas. Shehada habitait dans le quartier de Daraj à Gaza ville. La bombe a tué Salah Shehada et 17 civils dont sa femme, sa fille, son garde du corps, 8 enfants dont un bébé de 2 mois, 2 personnes âgées et deux femmes. 77 autres civils ont été blessés et 11 maisons complètement détruites.

En juin 2008 le PCHR a entrepris une poursuite judiciaire via la Cour de Justice espagnole. Après de longues consultations auprès d’experts internationaux, ceux-ci ont déclaré possible la poursuite en justice dans le cadre d’une juridiction universelle, les cas relevant de crimes de guerre commis par les FOI. Le PCHR note que des cas semblables - suspectés crimes de guerre - ont déjà été instruits par des cours israéliennes mais n’avaient entraîné aucune condamnation. Par contre, l’instance judiciaire israélienne a été utilisée pour couvrir de la légalité, la perpétration de crimes de guerre contre la population palestinienne. Elle a également servi d’outil de dissimulation délibérée auprès de la juridiction internationale au prétexte d’être un système judiciaire « loyal » ayant autorité en Israël.

Cette poursuite en justice entreprise par le PCHR s’inscrit dans le cadre de ses efforts rigoureux pour faire comparaître les criminels de guerre israéliens relevant de la juridiction universelle, auprès de cours de justice en Suisse, nouvelle Zélande, Angleterre et Espagne. Les interlocuteurs espagnols avec le PCHR sont Antonio Segura, Gonzalo Boye, Juan Moreno et Raul Maillo. Ils ont déjà travaillé sur plusieurs cas flagrants relevant des droits de l’homme en particulier la défense de victimes de la torture au Guatemala et plusieurs demandes de comparution du général Augusto Pinochet pour le meurtre de citoyens espagnols alors qu’il était président du Chili.

Le PCHR avait déjà entrepris au Royaume-Uni une poursuite contre Doron Almog, chef du commandement Sud de l’armée israélienne. Il avait gravement transgressé la 4ème Convention de Genève dans l’exercice de sa fonction - ce qui est considéré par le Royaume-Uni comme un crime au regard de la convention de Genève de 1948. Ayant atterri le 10 septembre 2005 au Royaume-Uni après qu’un mandat d’arrêt ait été prononcé contre lui et en ayant été informé Almog resta dans l’avion qui reprit aussitôt son vol pour Tel Aviv.

Traduction : Jacques Salles pour Palestine 33

sur www.info-palestine.net
Rapport du PCHR pour la période du 22 au 28 janvier sur : PCHRPCHR
Par Nouvelles de Gaza - Publié dans : Rapports du PCHR
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Mardi 27 janvier 2009
publié le dimanche 25 janvier 2009

AFPS
 
Lettre à envoyer en urgence au président français qui collabore au siège de la bande de Gaza avec les autorités israéliennes qui viennent encore de se livrer à des crimes de guerre contre la population palestinienne de Gaza.
Au lendemain des massacres et crimes de guerre perpétrés par l’armée israélienne dans la Bande de Gaza sous occupation et sous blocus quasi-total depuis 21 mois, le président Sarkozy annonce l’envoi d’une frégate de notre marine française en vue de "participer à la lutte contre la contrebande d’armes" (cf Yahoo Actualités ci-dessous). En réalité, il s’agit de mettre nos forces armées françaises au service de la protection de l’État d’Israël — et on peut penser que l’envoi de cette frégate prépare les conditions d’une intervention coordonnée dnas le cadre OTAN.

N’acceptez pas que la France concourre ainsi directement au blocus illégal de la Bande de Gaza : faites-le savoir au président Sarkozy, directement et sans délai !

Copiez la lettre ci-dessous (ou écrivez la vôtre, factuelle et courtoise, maximum 4000 caractères), et postez-la sur le site de l’Élysée / Écrire au Président ( http://www.elysee.fr/ecrire/ ), en cochant la rubrique "politique étrangère".

Vous pouvez aussi en envoyer une copie par mail à B. Kouchner ( bernard.kouchner@diplomatie.gouv.fr ) et à J-D Levitte, conseiller diplomatique du Président à l’Élysée ( jean-david.levitte@elysee.fr ), ainsi qu’à votre député, avec en objet : "Collaboration française au blocus de Gaza : JE REFUSE !"

Et faites largement circuler ce message autour de vous, car il faudrait que, sous ces quelques jours, des milliers de messages soient ainsi envoyés !

Merci à toutes et tous !

Modèle de lettre

Monsieur le Président de la République,

En annonçant le 23 janvier votre décision d’expédier une frégate de notre marine française dans les eaux internationales au large de la Bande de Gaza en vue de "participer à la lutte contre la contrebande d’armes", vous démontrez clairement une fois encore, et comme vous l’avez si souvent déclaré et établi dans les faits depuis votre élection, être "l’ami d’Israël", et "tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité de l’État d’Israël" dont vous avez dit à Bethléem en juin dernier que c’était pour vous "l’œœuvre de toute une vie".

Pourtant, Israël bafoue depuis des dizaines d’années en Palestine occupée le droit international et le droit international humanitaire comme les résolutions de l’ONU ; Israël s’applique également à systématiquement détruire les diverses infrastructures (hôpitaux, écoles, postes de police, ...) établies et/ou financées par l’ONU, le CICR, de multiples ONG et l’UE en vue d’assurer la protection légitime de la population civile palestinienne : tout ceci vient d’être, une fois de plus, clairement démontré ces dernières semaines par les épouvantables massacres et crimes de guerre divers (comprenant l’utilisation d’armes interdites, en particulier chimiques) perpétrés dans la Bande de Gaza sous occupation par cette armée israélienne dont de fait vous approuvez le comportement sans réserve.

En conséquence, je vous informe que je refuse que notre armée et/ou marine française participe directement ou indirectement au blocus illégal de la population palestinienne de Gaza sous occupation israélienne et que je refuse que la France contribue ainsi à la protection de l’Etat d’Israël et par conséquent à son impunité.

Je vous prie donc de réviser votre décision, comme de mettre en œuvre toutes les mesures utiles aux fins de suspendre toute vente d’armes françaises à Israël, de faire traduire les dirigeants israéliens devant une juridiction internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, de faire appliquer des sanctions contre Israël notamment au niveau de l’UE, et d’une façon générale de concourir activement à la défense du droit international et du droit international humanitaire.

Avec mes sentiments distingués,

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Par Nouvelles de Gaza - Publié dans : Solidarité
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