Dimanche 13 juillet 2008
Ziad Medoukh
 
Nous les palestiniens,  nous n'oublierons jamais la solidarité internationale avec notre cause noble, la cause internationale, la cause de tous les gens qui luttent pour un avenir sans violence et sans guerre ;un avenir de paix et de liberté .
Les palestiniens appréciaient beaucoup tous les mouvements de solidarité internationales avec sa lutte contre l'occupation, l'oppression et contre l'injustice et en particulier les organisations de solidarité populaires qui continuent à aider les palestiniens par tous les moyens pour avoir ses droits surtout son droit à avoir un état libre et indépendant sur ses territoires occupés..
Les mouvements de solidarité internationales à travers leurs actions et leur mobilisation soit dans leurs pays, soit en Palestine à travers des actions concrètes et des manifestations contre le mur ;contre l’occupation et la colonisation et à travers leur présence permanente avec les palestiniens ont aidé à l'évolution de l'opinion publique internationale surtout en Europe en faveur des droits des palestiniens.
C'est vrai que la communauté  internationale, et je parle ici des états, des gouvernements, des organisations internationales y compris les Nations Unis - malgré quelques initiatives courageuses- ils n'ont pas réagi d'une façon objective pour régler ou trouver une solution juste pour le conflit israélo- palestinien qui dure depuis plus de soixante ans sans une solution juste et égale, on peut dire que les palestiniens souffrent de l'occupation certes mais ils souffrent encore de l'absence de la communauté internationale voire de la complicité de cette communauté internationale  ce que a aggravé la souffrance de notre peuple; et l'exemple concret de l'isolement et du blocus imposés sur la Bande de Gaza montre une fois de plus que la communauté  internationale est silencieuse voire absente  devant la situation très difficile pour plus d'un million et demi de palestiniens.
Où sont les solidaires? Il est où le monde libre? Elle est où la communauté  internationale ?
Des questions posées et répétées par des simples citoyens de Gaza qui s'interrogent souvent sur leur sort avec cet embargo
Imposé par les forces de l'occupation israélienne non contre un mouvement ou une faction mais contre une population civile entière.
Ces interrogations innocentes des Gazaouis surtout après les 14 mois de blocus intensif imposé par les Israéliens contre la bande de Gaza donnent une indice que Gaza et les Gazaouis sont oubliés par le reste du monde et que le sort de plus d'un million d'habitants de Gaza va vers l'inconnu.
Depuis plus d'un an ; toutes les frontières et tous les passages qui relient Gaza à l'extérieur sont fermés par ordre militaire israélien et ces passages ont été ouverts même pas 30 jours pendant cette année pour faire entrer des aides alimentaires et quelques quantités limites de carburants a peine suffisantes pour satisfaire les besoins énormes de la population en difficulté, au chômage et qui vit dans la misère.
Plus de 200 malades ont trouvé la mort à cause de manque de médicaments et de l'interdiction israélienne de leur permettre de se soigner dans les hôpitaux israéliens et voisins.
Plus de 9000 usines et ateliers ont été fermés sans oublier les pertes de secteur agricole à cause de ce blocus ;et plus de 2000 étudiants ont perdu leur année anniversaire dans les universités arabes et étrangères et plus de 5000 palestiniens ont perdu leur travail et résidence dans les pays arabes et ils sont toujours bloqués à Gaza.
Imaginez-vous ;des régions et des quartiers à Gaza qui restent deux ou trois jours  entiers sans eau ni électricité avec des conséquences graves sur l’environnement.
Le chômage atteint 80% de la population active et 85% de palestiniens de Gaza vivent avec l'aide alimentaire distribuée par les Nations Unies et les organisations humanitaires.
Toute la vie est paralysée à Gaza, rien ne fonctionne à Gaza sauf les deux secteurs essentiels : l'éducation et la santé,l’éducation pour nous les Palestiniens est le seul  flambeau qui nous reste  face à l’injustice et l’indifférence.
Gaza est devenue une ville fantôme malgré la volonté et les espérances d'un peuple isolé et d'une population affamée.
La situation est toujours inquiétante à Gaza malgré les mensonges israéliens d’apaiser le siège ;la situation sur le terrain ne marque aucun signe d’amélioration.
En isolant Gaza l'armée israélienne est en train de commettre un crime contre l'humanité, en enfermant la population civile dans une grande prison à ciel ouvert, le gouvernement israélien est en train de tuer tout espoir dans le processus de paix.
Devant cette situation très difficile ;les Gazaouis se sentent oubliés par tous le monde; par les voisins arabes d'abord, par la communauté  internationale et le monde libre.
Devant ces crimes et devant la mort lente qui attend les citoyens innocents de Gaza il n'y a aucune condamnation de la part des organisations internationales y compris les organisations qui défendent les droits de l'homme et les gouvernements  qui prétendent la démocratie et la liberté et c'est  rare qu'un responsable de ces organisations ose visiter la bande de Gaza pour constater au moins la souffrance permanente de cette population en crise.
Personne de ce monde libre ose dénoncer l’intolérable de la situation de siège auquel est soumis la population de Gaza.
A Gaza tout est mort, tout est perdu sauf l'espoir mais devant ces difficultés, devant la misère, devant ces crimes et devant l'absence et le silence voire la complicité de la communauté internationale cet espoir suffira-t-il pour les Gazaouis d’ oublier leur souffrance, leur isolement? Mais surtout d'oublier qu'ils sont oubliés par le monde entier?!.
par Nouvelles de Gaza publié dans : Université Al-Aksa de Gaza
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mardi 24 juin 2008


 
Dans le cadre  de ses efforts pour réaliser ses objectifs de développer les principes de la démocratie dela tolérance et de respecter les autres pour les jeunes et les enfants, le centre de la paix de l'université Al-Aqsa a commencé cette semaine à Gaza son camp de la paix pour les enfants qui ont entre 7 et 12 ans.
Ce camp a été organisé en coopération avec le département de français de l’université Al-Aqsa.
Ce Camp qui contient plusieurs ateliers et plusieurs activités ; entre dans la politique de notre centre de la paix pour essayer de donner l’occasion aux animateurs de paix qui ont été formés par le centre de la paix de notre université d’appliquer les acquis et le contenu de leur formation en animant  les différents ateliers de ce camp et surtout donner l’occasion aux enfants de Gaza d’apprendre les principes de la paix ;la démocratie et la non violence dans un cadre d’animation et de jeu ;un  cadre d’échange et d’interaction.
Les slogans de ce camps qui sont présentés et dessinés par les enfants sont :nous aimons la liberté ;nous rêvons de la paix ;Nous  devons respecter les autres ;sauvez l’enfance palestinienne ;la paix est notre demande la plus chère.
 Plus de 70 élèves de différentes écoles privées et publiques participent  à ce premier camp de la paix organisé dans la Bande de Gaza et cela malgré toutes les difficultés économiques et politiques dans cette région qui souffre d’un blocus imposé par l’armée israélienne contre plus d’un million palestiniens de Gaza.
 
Ce camp qui va durer 8 jours, du 23 au 30 juin 2008, est animés par 7 animateurs et encadreurs qui essayent à travers les activités ;les jeux ;les sortis ;le sport et les atelier de développer les principes de la paix chez les enfants afin qui’ils apprennent ces principes et les appliquent dans le futur.
Les organisateurs et les animateurs de ce camp ont une grande volonté de mener leur travail et cela en dépit de toutes les difficultés liées à la situation très délicate dans la Bande de Gaza.
Ce camp est un message à tout le monde ; que dans la Bande de  Gaza, et malgré la souffrance permanente de ses citoyens ;il y des gens  qui resteront toujours attachés aux principes de la liberté, la démocratie et la paix..

Ziad Medoukh
24 juin 2008
 
par Nouvelles de Gaza publié dans : Université Al-Aksa de Gaza
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mardi 24 juin 2008
Le centre de la paix de l’université poursuit ses activités à travers les ateliers ; les débats et les conférences sur les thèmes  de la démocratie ; les droits de l’homme ; la non violence ; la tolérance ; le respect de l’autre et la paix et cela malgré toutes les conditions difficiles dans la Bande de Gaza qui souffre d’une situation économiques très difficile ainsi que d’un blocus depuis plus d’un an.
Ce jeudi 19 juin 2008 le centre a organisé un atelier-débat sur les droits des femmes et l’égalité entre les deux sexes pour 30 étudiants et étudiantes  de l’université Al-Aqsa qui sont venus participer à cet atelier  très polémique surtout dans notre société marquée par la domination de l’homme.
Cet atelier a été animé par deux avocats : Monsieur Karem Nash, directeur du centre palestinien de la démocratie et les droits des travailleurset l’avocate Fatima Achour.
Après avoir présenté les animateurs et le thème de cet atelie, Ziad Medouk, le coordinateur du centre de la paix  a parlé de l’importance de ce sujet qui touche toute notre société et pas seulement les femmes. L’atelier a commencé par une présentation de la législation palestinienne et les lois qui organisent le travail et le place des femmes dans notre société, une loi qui malgré l’évolution n’accorde pas beaucoup de facilités et de places pour les femmes.
Ils ont montré que dans notre société  au niveau dela famille du  travail et du comportement, il y a beaucoup de discriminations contre les femmes qui ont un rôle à jouer pour défendre leurs droits et imposer leur point de vue dans notre société qui souffre pas seulement de l’occupation mais encore de cette discrimination contre les femmes.
Ils ont donné beaucoup d’exemple, ils ont corrigé les idées reçues sur le rôle et la place des femmes dans la société.
L’avantage dans cet atelier qu’il y a eu beaucoup de débats et échanges entre les animateurs et les participants sur le thème proposé mais surtout des échanges entre les étudiantes et les étudiants sur ce sujet polémique. Les jeunes étudiants ont défendu les opinions des animateurs qui luttent dans le cadre de leur organisation pour une égalité complète entre les hommes et les femmes et pour un rôle plus important pour les femmes dans la société palestinienne.
Le centre de la paix se prépare à organiser la semaine prochaine  des camps de la paix pour les enfants entre 8 et 12 ans pour leur apprendre les principes de la tolérance, accepter les autres et la tolérance dans un cadre interactif et qui sera animés par les étudiants participants aux ateliers et activités de ce centre.
Ziad Medoukh
19 juin 2008
par Nouvelles de Gaza publié dans : Université Al-Aksa de Gaza
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 12 mai 2008
Crime contre les droits de l'homme à Gaza
Par Jimmy Carter
12/05/2008 | Mise à jour : 11:19 |

Jimmy Carter : «Il est temps que des voix fortes en Europe, aux États-Unis, en Israël et ailleurs se fassent entendre et condamnent cette tragédie des droits de l'homme infligée au peuple palestinien». Crédits photo : ASSOCIATED PRESS
Fondateur de The Carter Center, qui œuvre pour la promotion de la paix, de la santé et des droits humains dans le monde, l'ancien président des États-Unis Jimmy Carter, au retour d'une tournée au Proche-Orient, s'indigne de la situation dans laquelle sont maintenus les Palestiniens de Gaza.
Le monde est témoin d'un crime terrible contre les droits de l'homme à Gaza, où un million et demi d'êtres humains sont emprisonnés et quasiment privés de tout accès au monde extérieur, que ce soit par mer, par air ou par la terre. Une population entière est en train d'être brutalement punie.

Ce mauvais traitement flagrant des Palestiniens de Gaza a été intensifié de façon spectaculaire par Israël, avec le soutien des États-Unis, après que des candidats politiques représentant le Hamas eurent gagné une majorité de sièges au Parlement de l'Autorité palestinienne en 2006. Cette élection avait été jugée honnête et juste de façon unanime par tous les observateurs internationaux.

Israël et les États-Unis ont refusé d'accepter les droits des Palestiniens à former un gouvernement d'unité avec le Hamas et le Fatah et aujourd'hui, après une lutte interne, c'est le Hamas seul qui contrôle Gaza. Quarante et un des quarante-trois candidats victorieux du Hamas qui vivaient en Cisjordanie sont aujourd'hui emprisonnés en Israël, plus dix autres qui ont occupé des postes dans l'éphémère gouvernement de coalition.

Sans considération du choix de chacun dans la lutte partisane entre le Fatah et le Hamas à l'intérieur de la Palestine occupée, nous devons nous souvenir que les sanctions économiques et les restrictions dans les livraisons d'eau, de nourriture, d'électricité et de carburant provoquent d'extrêmes souffrances parmi les innocents habitants de Gaza, dont un million environ sont des réfugiés.

Les bombes et les missiles israéliens frappent régulièrement la zone enclavée, faisant de nombreuses victimes à la fois parmi les militants et les femmes et enfants innocents. Avant même le cas très médiatisé de la mort d'une femme et de ses quatre enfants en bas âge, il y a quelques jours,ce phénomène est visible dansun rapport antérieur de B'Tselem, la principale organisation israélienne de défense des droits de l'homme : 106 Palestiniens ont été tués entre le 27 février et le 3 mars. Cinquante-quatre d'entre eux étaient des civils qui ne prenaient pas part aux combats, et vingt-cinq avaient moins de 18 ans.

Lors d'un récent voyage au Moyen-Orient, j'ai essayé de mieux comprendre la crise. J'ai visité entre autres Sderot, une communauté d'environ 20 000 personnes dans le sud d'Israël, fréquemment frappée par des roquettes rudimentaires tirées de Gaza, non loin. J'ai condamné ces attaques, que je tiens pour des actes de terrorisme abominables, car la majorité des treize victimes des sept dernières années n'étaient pas des combattants.

J'ai ensuite rencontré des leaders du Hamas, à la fois une délégation de Gaza et les hauts fonctionnaires de Damas, en Syrie. J'ai exprimé la même condamnation à leur égard, et les ai pressés de déclarer un cessez-le-feu unilatéral ou d'organiser avec Israël un accord mutuel pour mettre fin à toutes les actions militaires à Gaza et autour sur le long terme.

Ils m'ont répondu que de telles actions, qu'ils avaient initiées, étaient restées sans contrepartie, et ils m'ont rappelé que le Hamas avait précédemment insisté pour instaurer un cessez-le-feu dans toute la Palestine, incluant à la fois Gaza et la Cisjordanie, ce qu'Israël avait refusé. Le Hamas avait alors fait une proposition publique de cessez-le-feu mutuel restreint à Gaza, ce queles Israéliens avaient considéré puis refusé également.

Les arguments fervents ne manquent pas, de chaque côté, pour rejeter le blâme de l'absence de paix en Terre sainte. Israël a occupé et colonisé la Cisjordanie palestinienne, qui représente environ un quart (28,5 %) de la taille de la nation d'Israël telle qu'elle est reconnue par la communauté internationale. Certaines factions religieuses israéliennes revendiquent un droit à la terre des deux côtés du Jourdain, et d'autres affirment que leurs 205 colonies peuplées de quelque 500 000 habitants sont nécessaires pour la « sécurité ».

Toutes les nations arabes ont accepté de reconnaître pleinement l'État d'Israël, à condition qu'il se conforme aux résolutions clés de l'ONU. Le Hamas s'est engagé à accepter tout accord de paix négocié entre le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le premier ministre israélien Ehoud Olmert, pourvu qu'il soit approuvé par un référendum auprès du peuple palestinien.

C'est une promesse de progrès, mais en dépit du bref tapage et des déclarations positives lors de la conférence de paix de novembre 2007 à Annapolis, dans le Maryland, le processus a connu une régression. Neuf mille nouvelles habitations de colons israéliens ont été annoncées en Palestine, le nombre de barrages routiers en Cisjordanie a augmenté et l'étranglement de Gaza s'est resserré.

C'est une chose pour d'autres dirigeants de s'en remettre aux États-Unis pour les négociations de paix cruciales, mais le monde ne doit pas rester les bras croisés pendantque des gens innocents sont traités avec cruauté. Il est temps que des voix fortes en Europe, aux États-Unis, en Israëlet ailleurs se fassent entendreet condamnent cette tragédiedes droits de l'homme infligéeau peuple palestinien.

© Project Syndicate, 2008, traduit de l'anglais par Bérengère Viennot.
source :
http://www.lefigaro.fr/debats/2008/05/09/01005-20080509ARTFIG00582-crime-contre-les-droits-de-l-homme-a-gaza.php
par Nouvelles de Gaza publié dans : Presse
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 11 mai 2008
Message de Gaza

Dr.Kamil el Shami
11 mai 2008

Par une chaude matinée, dans la Bande de Gaza, alors que j'étais en train de donner une conférence à l'université sur les activités agricoles, j'ai été assailli par les souvenirs. Il y a quelques années, je travaillais comme professeur à l'université de Sebha en Libye et je me suis rappelé les années difficiles passées dans cette ville assiégée par d'immenses mers de sable.

Je me suis souvenu des difficultés rencontrées pour obtenir une bouteille de gaz dont j'avais besoin. C'était une journée chaude et le vent de sable soufflait. Au bout de deux heures, je n'étais qu'à la moitié de la queue et cette démarche se répétait presque tous les jours. Il faut avoir une grande force et une patience infinie pour vivre dans le désert. C'est la leçon que j'ai apprise du peuple libyen que je respecte.

Hier ressemble à aujourd'hui, le siège est le même, la souffrance est la même. Les noms et les lieux peuvent être différents mais, après ma conférence,  j'ai été obligé de faire la queue afin d'avoir un peu de diesel  pour ma voiture, tout comme en Libye autrefois.

Ensuite, bien que j'eus faim, j'ai décidé de faire une petite promenade avant de rentrer prendre le déjeuner chez moi. J'ai pris la direction de la banlieue Ouest. Après quelques minutes, je me suis retrouvé sur la route de Soi . C'était la route qu'empruntaient les Nomades et qui reliait l'Egypte à la Syrie. Le mauvais entretien de cette route saute aux yeux, une grande partie n'est pas pavée, elle est à l'abandon. Comme de nombreuses autres routes détruites par le siège imposé. De pauvres maisons rurales, entourées de petits champs, bordent cette route. Je me suis arrêté devant des charrettes et quelques petits troupeaux de brebis . Je voulais jeter un coup d'oeil sur leur faiblesse et sur leur maigreur à cause du manque de pâturages, ravagés par l'occupation et à cause du manque de fourrage découlant du siège.

Soudain, j'ai entendu deux hélicoptères. Je suis descendu de voiture, comme toujours dans ces cas-là. Peu après, j'ai entendu deux bombardements successifs. J'ai reçu un appel de ma femme, folle d'inquiétude comme à chaque bombardement. Puis un de mon fils Ashraf de son portable. Il avait été très effrayé. Il se trouvait dans un taxi avec d'autres personnes, sur le chemin de son université de technologie, à 50 mètres environ de la voiture bombardée.

Sur le chemin du retour, je voyais les gens s'asseyant dans les rues. Je m'imagine que toute la Bande de Gaza passe son temps dans les rues à cause du chômage. Les gens n'ont rien d'autre à faire que d'attendre les bons d'aide distribués par les associations, des partis palestiniens aux organisations internationales .... la queue était toujours là. En fait, le pétrole disponible dans la Bande de Gaza, ne couvre que 10% des besoins.

La situation n'était pas meilleure devant les boulangeries. Elles ne sont pas nombreuses à ouvrir dans ces conditions. Tout le monde veut s'assurer la quantité de pain minimum nécessaire à la survie et on doit attendre des heures et des heures pour enfin l'avoir.

Je me suis dirigé vers la banque pour retirer une somme d'argent  afin de l'avoir sous la main en cas d'invasion. Quelle surprise de trouver la porte fermée ! Une affiche annonçait que la banque n'ouvrait que deux heures par jour en raison des coupures de courant et du manque de diesel nécessaire à l'utilisation du générateur et en raison du manque de monnaie liquide.

Une journée difficile sur tous les plans.

Avant de rentrer, je me suis rappelé que je devais acheter le médicament de ma vieille mère qui souffre d'hypertension. Mais le pharmacien, bien qu'il soit un ami, n'a pas pu satisfaire entièrement ma demande. Vu la pénurie de médicaments, il n'a pu me donner que la moitié de la dose prescrite.

Puis je suis arrivé dans ma rue, quasiment bloquée par une tente plantée pour les obsèques d'une vieille femme. C'était une voisine. J'ai pris place parmi les consolateurs, Ils parlaient des problèmes actuels, des marchandises, des denrées, des matériaux de construction importés lors de l'invasion des Gazawis dans les territoires égyptiens et qui touchent à leur fin. Heureusement qu'il y aura encore assez de ciment pour enterrer cette vieille femme.

Le soir, j'ai essayé de suivre les infos sur l'une des chaînes mais c'était impossible. Les drones, ces avions sans pilote, perturbaient la réception. Les Gazawis les appellent ZANANA par rapport à leur bourdonnement.

J'ai été contraint d'écouter les infos à la radio. Un journaliste a éveillé mon attention en annonçant que le responsable des relations publiques, le responsable du comité quaternaire ainsi qu'un ex-chef d'état européen allaient se rendre en Egypte afin de discuter de l'ouverture permanente du passage de Rafah et de l'allègement du siège. Je me suis souvenu de Juha, un personnage des légendes arabes qui, après avoir entendu dire que sa belle-mère l'aimait avait répondu que, certainement, elle avait perdu la tête.

Ici, les gens ne font pas confiance à ce qu'ils entendent dans les medias. En effet, des responsables européens sont déjà venus dans la région mais rien n'a changé. Comme si la Bande de Gaza était un grand pays qui devait être puni.

Comme d'habitude, toute la famille s'est réunie pour discuter de l'actualité. Une phrase de ma fille Esmeralda qui est en huitième, m'a laissé bouche bée :  „ Je souhaite me réveiller un jour sans connaître personne et que personne ne me connaisse „

Je suis étonné de constater que même les enfants savent très bien ce qui se passe autour d'eux et qu'ils ressentent profondément la catastrophe dûe au siège.

Sans savoir, dans le silence des frères et des étrangers, quand prendra fin cette détresse.

Dr.Kamil el Shami
Professeur à l'université et ecrivain à la Bande de Gaza
shamikamil@yahoo.com

 Source : http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Kamil_el-Shami.110508.htm
par Nouvelles de Gaza
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander

Calendrier

Août 2008
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus