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Point de passage d’Eretz entre Israël et la Bande de Gaza ...
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Le poste frontière connu sous le nom de Karni al-Muntar est le seul point d’accès à vocation commercial permettant de joindre le reste du monde.
Les forces armées israéliennes ont décidé de façon unilatérale de boucler ce point de passage le 14 janvier, sur la base d’informations selon lesquelles « des attaques imminentes » auraient été planifiées à cet endroit.
Les producteurs palestiniens sont durement touchés
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Selon le bureau de l‘organisation OCHA (Office for Coordination of Humanitarian) des Nations Unies, le bouclage coûte aux Palestiniens 500 000 dollars chaque jour.
Les produits laitiers, aliments pour bébé, sucre, riz sont parmi des articles commençant à faire défaut sur les étagères des supermarchés dans la Bande de Gaza. De plus, 90 containers de fournitures à but humanitaire, dont de la nourriture et provenant de l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees) sont bloqués dans les ports israéliens.
Approvisionnements bloqués
L’agence des nations Unies informe qu’il y a une rupture des fournitures de matériel de construction ainsi que des médicaments dont des vaccins considérés comme essentiels pour les enfants.
« Le Ministre Palestinien de la Santé s’efforce de trouver des médicaments et à commencé à utiliser des stocks d’urgence. Les anesthésiants sont presque épuisés », ajoute le rapport. Le principal hôpital de Gaza fait aussi face à une pénurie de produits pour les dialyses rhénales de ses patients.
Le Centre Al-Mezan pour les Droits Humains basé à Gaza et le PHR (Physicians for Human Rights) ont publié un communiqué commun condamnant « la gravité du siège » imposé par les forces israéliennes d’occupation sur la Bande de Gaza.
« Depuis ce récent renforcement du bouclage du poste frontière de Karni, la situation des habitants de la Bande de Gaza s’aggrave de jour en jour ; beaucoup de produits basiques ont été épuisés et ne sont plus disponibles sur les marchés, ceci conjugué avec une sévère augmentation des prix sur les quantités restantes de nourriture », dit le communiqué.
Les forces israéliennes disent suspecter des groupes palestiniens de creuser un tunnel sous la frontière. Aucun tunnel n’a été trouvé selon les services de sécurité palestiniens, et le bouclage en est à sa troisième semaine.
Vies en danger
« Ces mesures mettent en danger la santé et même la vie des enfants Palestiniens dans la Bande de Gaza », nous a dit Shabtai Gold du PHR.
« Cela prouve aussi que l’armée israélienne contrôle toujours les vies des Palestiniens, même après le désengagement. »
La Chambre de Commerce palestinienne estime qu’environ 80 camions qui passent normalement le poste frontière de Karni de Gaza vers la Cisjordanie et Israël chaque jour sont maintenant bloqués, entraînant rien que ce mois la perte de 7 millions de dollars US.
Ces pertes s’ajoutent à la grave crise financière que subissent les Palestiniens. A la suite de la victoire du Hamas aux élections législatives, les Etats-Unis ont coupé leur aide directe aux Palestiniens tandis que les israéliens ont gelé les remboursements de taxes perçues en douane (43 millions de dollars US en janvier) et qui reviennent aux Palestiniens.
La frontière a été totalement ou partiellement fermée chaque jour durant ces trois dernières années et a fonctionné à la moitié de sa capacité, selon les organisations OCHA et al-Mezan.
Les agriculteurs de la Bande de Gaza ont manifesté contre le bouclage. Ces derniers jours, ils ont versé des fruits et légumes avariés ainsi que des fleurs fannées près de la frontière en signe de protestation.
Productions perdues
Près de 170 tonnes de produits divers -- oeillets, tomates de cerise, concombres, fraises, et paprikas - ont été détruits ou simplement distribués, ou sont en train de pourrir, le marché local étant incapable d’absorber toutes ces quantités destinées à l’exportation.
Environ 70 tonnes attendent l’expédition, et environ 100 tonnes ont besoin d’être rapidement récoltées. Mohammad al-Bakri, de l’Union des Agriculteurs, nous a fait savoir que quelques 45% des dépenses en eau ont été gaspillés pour des récoltes qui ont ensuite pourri. « Dans un endroit aussi assoiffé que Gaza, c’est vraiment une perte et toute cette eau aurait pu aller à la population », nous dit al-Bakri.
Les mesures de bouclage par les israéliens affectent tous les habitants de Gaza
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« Il y a des projets pour une valeur d’un million$ qui nous attendent. Nous ne pouvons pas reprendre un travail normal. Nous demandons à la communauté internationale de faire quelque chose. Un bouclage de cette ampleur est la plus grande catastrophe que l’on puisse infliger au secteur agricole », ajoute al-Bakri.
C’est maintenant la saison des fraises à Gaza. Ce type de fraises utilisant peu de pesticide se serait distribué facilement sur le marché en Europe, si seulement les récoltes pouvaient être exportées à temps.
Champs de fraises
Après que les forces armées israéliennes aient imposé que soient rasés les champs de citronniers et autres « cultures hautes » (les israéliens le justifient en disant que des combattants pouvaient s’y cacher), des cultures basses comme les fraises sont devenues les cultures posant le moins de problème, selon Abu Tamer de la société des cultivateurs de fraises dans le village de Beit Lahiya au nord de la Bande de Gaza.
En quelques années le rendement a doublé. Les agriculteurs, à présent dans l’impossibilité de travailler, avaient espéré une meilleure saison que d’habitude du fait de l’accord imposé [aux israéliens] par Condolezza Rice en novembre dernier.
L’accord stipulait que les israéliens devraient « autoriser les exportations de produits agricoles en provenance de la Bande de Gaza durant la saison des récoltes fin 2005 ».
« Je suis désespéré. Ma vie est détruite », nous dit Riyad Ni’mami, un cultivateur de fraises de 34 ans et père de huit enfants, au milieu de ses vastes champs de fraises dans le village de Beit Lahiya.
Ni’mami n’a aucun revenu et a déjà commencé à planter l’ail et les jeunes plants de maïs entre les fraisiers de façon à tenter de profiter de l’eau gaspillée sur la récolte qui devrait normalement être exportée en Europe. « Je vais y réfléchir à deux fois maintenant avant de me lancer dans la culture de fraises. C’est la seconde fois qu’ils bouclent la frontière au moment de la récolte », ajoute Ni’mami.
Fermiers étranglés
Les cultivateurs de fleurs ont aussi été durement touchés. Ces fleurs habituellement destinées à la Hollande sont maintenant emballés dans du papier cellophane et placées dans des seaux et des réfrigérateurs en attendant de pouvoir être exportées.
La récolte des fraises est à son maximum
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« Il n’y a plus aucun seau ni réfrigérateur de libre, rien... Chacun appelle à l’aide », nous dit Dahnun, son téléphone sonnant en permanence à cause des appels de fermiers en colère aussi bien que d’importateurs israéliens.
« Ils ont dit qu’ils pourraient essayer d’obtenir deux camions. Deux camions !! », nous dit-il, choqué, ajoutant que des tentatives faites par des fermiers de faire passer quelques caisses de fruits et légumes par le poste frontière avec l’Egypte avaient été refusées par les observateurs européens.
Proposition israélienne
Un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré qu’un point de passage alternatif avait été proposé à l’Autorité Palestinienne en attendant de passer par Kerem Shalom, localisé au sud-est de la Bande de Gaza et faisant frontière avec Israël et l’Egypte.
L’Autorité Palestinienne (AP) a réfusé, selon les dires de l’armée israélienne. Les officiels Palestiniens justifient leur refus en disant qu’Israël était le seul responsable du bouclage et essayait « d’imposer une solution » aux conséquences politiques défavorables.
Rashad abu Dayer, chargé des exportations au ministère de l’agriculture, a déclaré à al-Jazeera.net que les officiels palestiniens avaient rencontré les israéliens pour tenter de trouver une solution, mais que jusqu’à aujourd’hui aucun accord n’avait été trouvé pour rouvrir la frontière.
Il nous a déclaré aussi que l’AP retenait toujours la proposition que les récoltes puissent être exportées par le passage de Kerem Shalom, qui n’est pas encore fonctionnel ni équipé des équipements appropriés pour le stockage [de produits périssables], ajoutant que la solution maintenant est liée aux changements politiques et à un accord qui reste à trouver avec un nouveau gouvernement palestinien.
http://english.aljazeera.net/NR/exe...
Traduction : Claude Zurbach
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A Netzarim, où la plupart des structures des colonies juives ont été démolies lors de l’évacuation de l’année dernière, des « récupérateurs » arrivent encore dans l’espoir que les piles de blocs de béton hérissés de fils de fer et mauvaises herbes pourraient contenir quelque chose de valeur. Au-dessous du lieu où se tenaient autrefois des maisons, un petit canyon est devenu le lieu de décharge pour les poivrons et les tomates de qualité en vue d’exportation en provenance de la Coopérative de Développement économique de la Palestine.
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